Par principe, nous sommes
favorables au débat. A sa liberté, à sa pluralité, à son utilité. C'est
pourquoi nous refusons le « grand débat sur l'identité nationale »
organisé par le pouvoir : parce qu'il n'est ni libre, ni pluraliste, ni
utile.
Il n'est pas libre car c'est le gouvernement qui le met en
scène, qui pose les questions et qui contrôle les réponses. Il n'est pas
pluraliste car sa formulation réduit d'emblée notre diversité nationale à une
identité unique. Il n'est pas utile car cette manœuvre de diversion est une
machine de division entre les Français et de stigmatisation envers les
étrangers.
Affaire publique, la nation ne relève pas de l'identité, affaire
privée. Accepter que l'Etat entende définir à notre place ce qui nous
appartient, dans la variété de nos itinéraires, de nos expériences et de nos
appartenances, c'est ouvrir la porte à l'arbitraire, à l'autoritarisme et à la
soumission.
La République n'a pas d'identité assignée, figée et fermée, mais
des principes politiques, vivants et ouverts. C'est parce que nous entendons
les défendre que nous refusons un débat qui les discrédite. Nous ne tomberons
pas dans ce piège tant nous avons mieux à faire : promouvoir une France de
la liberté des opinions, de l'égalité des droits et de la fraternité des
peuples.
J'ai signé cet appel . Vous pouvez en faire autant sur le
site
