Alger : « Ils font croire au monde que nous manifestons pour un bidon d’huile ».
Ghania Mouffok est une journaliste free lance algérienne qui vit et travaille toujours dans son pays. Elle vient d’écrire deux textes magnifiques Alger cherche son mouvement, petite chronique des années de braise, et La révolution, de 11 heures à midi, écrits la veille et le lendemain de la manifestation algéroise du 12 février dont les médias français ont largement rendu compte.
Personne n’est obligé d’approuver à la lettre toutes les impressions et les diagnostics qui sont livrés ici. Mais chacun, pourra, me semble t’il, y reconnaître les différents interprètes du théâtre d’ombres algérien. Loin des facilités de la plupart des représentations et des récits qui nous sont servis avec complaisance depuis des années.
Alger cherche son mouvement. Petite chronique des années de braise.
par Ghania Mouffok
Sofiane Chebouki est plongé dans un coma profond au service des grands brûlés de l’hôpital d’Annaba, troisième ville d’Algérie, à quelques kilomètres des frontières tunisiennes. « 80% de la surface du corps de Sofiane est brûlée aux 2e et 3e degrés. Plusieurs de ses organes vitaux sont également atteints par le feu », informent, consciencieusement, les médecins qui tentent de le soigner, dans des conditions que l’on n’ose imaginer. Sofiane est une nouvelle victime du mal vivre en Algérie. Il a 25 ans et il a «tenté de s’immoler ».



Les bonnes nouvelles sont suffisamment rares sur les fronts de la démocratie et des droits de l’homme pour ne pas se réjouir de celle qui est annoncée ce matin sur tous les grands médias : le tribunal administratif a rendu hier une ordonnance qui condamne l’Etat français à indemniser 38 détenus et ex détenus pour un montant de 67 000 €uros pour des " conditions de détention attentatoires à la dignité humaine " à "Bonne Nouvelle", la Maison d’arrêt de Rouen.









