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Articles de la catégorie ‘Agriculture’

« Je mange normand dans mon lycée» : qualité ou low cost ?

Le 21 novembre 2016, l’Assemblée régionale adoptait une « nouvelle politique agricole » pour la Normandie. La valorisation des produits normands de qualité y était clairement identifiée comme un enjeu prioritaire de l’action publique..

Lundi 26 juin prochain, la délibération proposée sous le titre « je mange normand dans mon lycée », si elle est adoptée en l’état, prend le contre pied des objectifs validés 7 mois plus tôt.

A première vue, l’ambition affichée d’atteindre 80% de produits normands servis dans la restauration collective des lycées d’ici 2021 ne peut que recueillir l’adhésion des élèves, des parents d’élèves, de tous les citoyens soucieux de mieux s’alimenter tout en soutenant les producteurs de la Région.

Mais la définition « large » des produits normands qui été choisie : « tous les produits fabriqués et/ou transformés en Normandie, issus d’un circuit court ou long de proximité » (sic!) n’est en réalité une bonne nouvelle ni pour les consommateurs, ni pour la durabilité de notre production agricole.

Fin 2016, apparemment soucieuse de lier montée en gamme – qualité et création de nouveaux débouchés pour les producteurs,  la Région identifiait précisément et valorisait les signes de qualité (1) (AOP-AOC, IGP-IG-label rouge, certification AB biologique ) comme des atouts majeurs pour son avenir économique.

L’objectif de 50% d’exploitations normandes ayant au moins un produit sous signe de qualité d’ici 2020 (2) était adopté alors que la Région s’engageait par ailleurs à accompagner chaque année 1000 exploitations dans la démarche de triple performance économique, sociale et environnementale.

S’agissant des producteurs, on peut aujourd’hui se demander ce qu’il adviendra des engagements de ceux qui jouent le jeu de cette transition, quand ils réaliseront que leurs produits ne sont pas priorisés dans la politique d’achats publics ?

Et se demander comment ils apprécieront d’apprendre que la Région Normandie ne souhaite, à titre d’exemple, pas faire la distinction entre un Camembert de Normandie,  produit et transformé sur le territoire conformément au cahier des charges des AOP, et celui que des industriels peu scrupuleux commercialisent comme « Camembert fabriqué en Normandie » au seul motif qu’il a été transformé dans la région avec du lait éventuellement venu de régions voisines sans aucune exigence de qualité.

S’agissant des consommateurs, l’évolution vers des produits locaux et de qualité qui contribuent à une meilleure rémunération du travail des producteurs est une attente forte. Au point  qu’ils commencent à bouder certains produits standards. L’enjeu éducatif est fondamental. La Région fait parfaitement son métier en se préoccupant de sensibiliser toute la communauté des lycées. Il s’agit tout à la fois de prendre l’habitude de mieux manger et d’y prendre goût en retrouvant le lien entre alimentation, diversité et saisonnalité des produits, et les métiers des hommes et des femmes qui nous nourrissent.

Mais les produits normands dans la définition low cost proposée pourront continuer à contenir des résidus de produits phytosanitaires qui abiment notre santé, sans aucune exigence de progrès. Et ne feront pas la différence entre des productions animales élevées à l’herbe ou sans alimentation OGM et les autres. Il est de surcroît particulièrement étonnant, dans une région qui compte désormais quelques 1500 exploitations converties ou en conversion bio, alors que la dynamique de la bio ne se dément pas depuis 7/8 ans, qu’aucun objectif chiffré de développement de la part des produits bios dans la restauration collective de nos lycées ne soit retenu.

Il ne s’agit pas ici de dire que tout est facile. Les ex régions Haute et Basse Normandie s’étaient aussi essayées à offrir de nouveaux débouchés de marché aux agriculteurs normands engagés dans les démarche de durabilité en circuits courts sans atteindre tous leurs objectifs. Les freins sont identifiés. Ils se trouvent notamment dans la logistique -complexe- qui est indispensable et aussi dans la chaine de commande publique. Il faut saluer le travail accompli ces derniers mois par la Région pour structurer cette logistique.

Grace au travail accompli il y a quelques années, on sait aujourd’hui parfaitement écrire des cahiers des charges permettant de privilégier les signes de qualité, les productions de l’agriculture durable (sans OGM, réduction des phytos etc..) et de l’agriculture biologique.

C’est donc une marche arrière qui nous est proposée. C’est difficile à comprendre.

La définition vide et creuse qui a été choisie, dont on nous dit qu’elle est cautionnée par Irqua Normandie, tourne le dos aux évolutions des comportements de consommation mais aussi aux aspirations des producteurs qui sont, dans leur majorité, prêts à prendre le tournant de la qualité, du respect du sol, des ressources et des produits, dès lors qu’ils en retirent une digne rémunération.

Il demeure possible de se remettre en phase avec la politique de valorisation des produits fermiers normands adoptée fin 2016. Il suffit de mentionner une priorisation des productions « avec signes de qualités » et de décliner l’ambition de faire progresser la part de productions biologiques introduites dans la restauration des lycées, par un objectif chiffré négocié avec les filières concernées.

A défaut, il faudra s’interroger sur le sens de la « marque normande » qui sera bientôt créée à grand renfort de publicité.

Excellence ou low cost ? le choix reste ouvert !


1.) Les signes officiels d’identification de la qualité et de l’origine :
http://www.inao.gouv.fr/Les-signes-officiels-de-la-qualite-et-de-l-origine-SIQO

2.) Les produits normands sous signes de qualité:

13 AOP-AOC : Camembert de Normandie, Livarot, Neufchâtel, Pont L’Evèque. Beurre et Crème d’Isigny. Calvados. Calvados Pays d’Auge,  Calvados Domfrontain, Cidre Pays d’Auge, Pommeau de Normandie, Poiré de Domfront, Prés-salés du Mont Saint Michel

7 IGP-IG : Volailles de Normandie, Porcs de Normandie, Cidre de Normandie, Calvados, Poireau et carottes de sable de Créances

14 labels rouges

1500 exploitations en agriculture biologique

Ferme des Bouillons, La trahison de la Safer et des services de l’Etat

Le difficile constat est partagé avec Perrine Hervé-Gruyer : élus impliqués dans des relations de travail suivies, l’un avec les services du Ministère de l’agriculture en région, l’autre avec la Safer, estimons avoir tous deux été trahis par ces interlocuteurs. C’est ce que nous avons expliqué à la presse ce sinistre 19 aout aux cotés de Cyrille Moreau, élu écologiste à Rouen-Métropôle.

Merci @ Lydie Turco pour la réalisation de cette vidéo

Ferme des Bouillons : le moment de rendre justice aux occupants

La revente de la ferme des Bouillons par son promoteur propriétaire est une bonne nouvelle qui ne doit cependant pas trop vite faire oublier que ce retour à la terre d’une ferme promise à l’urbanisation a été rendue possible par l’action d’occupation pacifique, joyeuse, créative et laborieuse du site,  menée par l’association depuis octobre 2012 avec l’appui de centaines de bénévoles et le soutien de milliers de citoyens de l’agglomération rouennaise.

La Safer se trouve aujourd’hui en situation d’attribuer les 4 hectares concernés.

Dans la logique de ses missions de service public, il lui appartiendrait, des lors que plusieurs candidatures sont déclarées, d’attribuer, in fine, au projet agricole le mieux ficelé, présentant le plus de garanties de réussite agricole et économique.

La Safer reconnait aujourd’hui la légitimité d’une installation en agriculture biologique.

Il paraît  maintenant souhaitable qu’elle use de son droit de préemption afin justement d’examiner avec toute l’objectivité requise les projets qui lui seront soumis.

Il appartiendra alors aux porteurs de projets de faire valoir leurs arguments. A professionnalisme équivalent, la connaissance du terrain,  l’ancrage territorial et la mobilisation des souscripteurs de l’appel à financement participatif ne pourront qu’être pris en compte.

Claude Taleb, vice Pdt de la Région chargé de l’agriculture

Avec les opposants à la ferme des 1000 vaches, pour l’élevage qui rime avec emploi paysan, environnement, et qualité des produits

Mardi 28 octobre, aux cotés de nombreux haut-normands mobilisés, je représenterai la Région Haute-Normandie à Amiens devant le tribunal correctionnel devant lequel comparaîtront Olivier Lainé, agriculteur du Pays de Bray normand et 8 de ses amis militants de la Confédération paysanne et opposants au projet de ferme usine des 1000 vaches.

Il leur est reproché une action symbolique de démontage de quelques pièces de la salle de traite commise le 28 mai dernier sans aucune violence contre les personnes ni dégradation matérielle.

Au regard des inquiétudes partagées par la partie la moins aisée du monde agricole et en comparaison des actions violentes et injustifiables qui ont été commises il y a quelques semaines en Bretagne, il faut souhaiter que le tribunal choisira la voie de l’apaisement et la relaxe de ces militants qui ont mené leur action à visage découvert et sans jamais chercher à se soustraire à leurs responsabilités.

D’autant que cette action est porteuse de sens, pour tous les citoyens, pour tous les acteurs privés et publics qui se préoccupent de garantir l’avenir de l’agriculture sur nos territoires.

L’industrialisation de l’élevage n’est pas la bienvenue en Haute-Normandie

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De la (l’in)justice

Mardi 28 octobre, neuf militants de la Confédération paysanne, parmi lesquels Laurent Pinatel, son porte parole national, et Olivier Lainé, agriculteur du Pays de Bray normand, sont déférés devant le tribunal correctionnel d’Amiens pour des actions symboliques et non-violentes commises afin de contester le projet de ferme usine des 1000 vaches. Il y a quelques mois, ils avaient fait l’objet d’arrestations rocambolesques et de longues mises en garde à vue difficiles à justifier au regard de la transparence de leur action, de la revendication de l’action, des garanties absolues de représentation devant la justice, des mis en cause.
Au delà du sujet de société posé, l’insoutenabilité de cette industrialisation de l’élevage, la question qui me taraude est la suivante : la justice et les plus hautes autorités de mon pays considèrent elles que les 9 de la Confédération paysanne, qui n’ont commis aucune violence contre des personnes et ont déboulonné des équipements sans les dégrader,  sont plus nuisibles à l’ordre public ..et au bien commun, à l’intérêt général, que les personnes qui ont dévasté et incendié la recette des impôts et les locaux de la Mutualité sociale agricole à Morlaix il y a quelques semaines ?

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Agriculture : la Région Haute-Normandie mise sur l’agro-écologie

L’assemblée régionale a cet après-midi adopté les orientations et les mesures d’une nouvelle politique de soutien à l’agriculture. Je présentais ce rapport. Voici le texte de mon intervention.

« Ce rapport sur la stratégie régionale en faveur de l’agriculture trouve naturellement sa place dans cette session dont l’ordre du jour se partage entre deux thématiques principales : l’éco-région qui oriente peu à peu notre vision de l’avenir et les orientations budgétaires qui sont destinées à présenter l’état de nos réflexions sur les moyens qu’il convient d’allouer à nos ambitions.

Je l’ai déjà dit à cette place : nous avons la chance de vivre dans une région où l’agriculture occupe encore 66% de la surface totale de notre territoire soit 15 points au dessus de la moyenne nationale dont un peu moins de 40% en prairies. Elle pèse 22 800 emplois directs répartis dans 11 500 exploitations.

Cela pourra demain davantage encore être le cas quand l’union des Normandie se concrétisera.

Sous condition toutefois que nous choisissions, de concert, les orientations socio-économiques et agronomiques permettant de relever le défi de la double performance, économique et environnementale.

En effet, nous connaissons aujourd’hui la part d’ombre du modèle agricole intensif qui a longtemps été promu par les pouvoirs publics et par d’influents partenaires privés intéressés : En dix ans, la concentration et la suppression du tiers des exploitations et des emplois, la disparition de certaines productions et d’outils de transformation de notre territoire le recul de 3 % du foncier, l’érosion et l’appauvrissement des sols, le retournement continu des prairies en dépit de leur rôle crucial pour l’alimentation du bétail, l’infiltration des eaux, le piégeage du carbone et de l’azote, et, bien sur, la pollution des rivières et des eaux souterraines par les produits phytosanitaires dont le grand public découvre chaque jour qu’ul s’agit d’un problème de santé publique de première importance.

La déclinaison de l’Eco-région, en matière agricole, c’est donc, la transition agro-écologique.

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Nitrates : la Région exprime ses réserves sur le projet de plan d’action du Préfet

La Commission permanente du Conseil régional a rendu ce matin à l’unanimité un avis réservé sur le « projet d’arrêté établissant le programme d’action régional en vue de la protection des eaux contre la pollution par les nitrates d’origine agricole » élaboré par le Préfet de région.

Ce programme d’action est sensé mettre en oeuvre des mesures destinées à remédier aux raisons qui ont valu à la France d’être condamnée par la Cour de Justice des Communautés européennes (CJCE) au motif de la non prise en compte de leutrophisation de la Baie de Seine et de la Mer du nord consécutive à l’augmentation continue, depuis 1990, des concentrations de  nitrates dans les eaux souterraines, les eaux de rivières, et les eaux littorales.

L’avis de la Collectivité régionale est motivé : alors que la condamnation de la France date de 2002, le document préfectoral ne comprend aucune référence à une quelconque évolution de la situation et des résultats des plans d’action précédents. La modestie des interdictions

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POUR UN NEW DEAL ÉCOLOGIQUE écologiste, conseiller régional de Normandie