L'action de police est évidemment nécessaire. Il n'est pas besoin d'être un spécialiste pour ne pas douter que la police de proximité qui a été démantelée par Sarkozy, Ministre de l'intérieur, était plus adaptée et plus efficace que les opérations commandos médiatisées qui sont sa marque de fabrique. Reste que toute répression, si nécessaire soit elle, n'est crédible et efficace qu'adossée à une action publique déterminée pour l'égalité et la justice sociale... tout le contraire de ce qu'on voit dans le poste chaque jour!

Demain, le maire de Villiers le Bel devra gérer les suites du show de ce matin, convaincre encore les habitants, de la nécessité du dialogue et du vivre ensemble. Je ne le connais pas. Voyez ce qu'il déclarait en novembre dernier au lendemain des émeutes.
Ne cédons pas aux sirènes sécuritaires!

Restaurer l’image des cités __Didier Vaillant Maire de Villiers-le-Bel (Val-d’Oise)__

«Des voitures ont été incendiées dans la nuit de mercredi à jeudi, chose que nous n’avions pas connue depuis longtemps. Contagion ? Imitation ? Je ne peux que constater des faits… La situation de Villiers-le-Bel, c’est 27 000 habitants dont 40 % ont moins de 25 ans, 19 % de chômeurs, mais 33% chez les 16-25 ans. Nous sommes une de ces cités construites entre 1955 et 1970 et dont la population a plus que quadruplé. Mais on a oublié les infrastructures ou les services publiques qui vont avec. L’ANPE ou la Caisse d’allocations familiales se trouvent ailleurs…

Le plus rageant, c’est qu’à 7 kilomètres à vol d’oiseau, il existe un pôle de 70 000 emplois : Roissy-Charles-de-Gaulle. Mais pour s’y rendre, il faut repasser par Paris ! Des poches de richesse existent près de chez nous mais il faut créer des liens avec elles. Alors il faut travailler sur ces infrastructures manquantes, sur le soutien à l’emploi des jeunes mais aussi sur l’image de nos cités. Partout, des gens font des bêtises, mais certaines villes se retrouvent plus facilement sur le devant de la scène. Conséquence : les employeurs hésitent à embaucher des jeunes de nos communes. Alors que personne ne parle de nous quand nous montons des initiatives positives.»