DEBAT SUR L'EAU : IMPRECISIONS ET CONTRES VERITES
Par Claude le dimanche 25 janvier 2009, 16:38 - Vie locale et municipale - Lien permanent

Je ne suis ni vice-président de l'Agglomération en charge de l'eau, ni maire
de Bois Guillaume ou de Bihorel, ni particulièrement féru ou connaisseur de la
gestion de l'eau mais un peu soucieux de l'avenir de cette ressource commune et
précieuse, et aussi un peu curieux.
J'ai assisté il y a quelques jours au débat public organisé par le
collectif eau publique. J'ai entendu ou lu les dernières interventions de
Pascal Houbron et Gilbert Renard. Je viens de lire la présentation de l'étude
commandée par l'Agglomération, opportunément mise en ligne par
Dominique Gambier, sur laquelle s'appuyent, depuis , les divers
élus et commentateurs, qui déplorent le "surcoût" qui serait provoqué par la
gestion publique en comparaison de la gestion en délégation au privé.
Beaucoup des élus de droite... et de gauche, qui en parlent, n'ont
manifestement pas pris la peine de la lire ou plutôt, n'en retiennent que ce
qui les arrange. On reste confondu par tant de légèreté... ou de malhonnêteté
intellectuelle.
J'invite en particulier Pascal Houbron et Gilbert Renard, qui en font des kilos
depuis le début de l'année, pour dénoncer la reprise en régie publique, à lire
jusqu'au bout le rapport du cabinet conseil dont ils font leurs choux
gras.
Page 25 , dernière phrase :
Le coût de la gestion future, qu'elle soit en régie contrôlée ou en
gestion directe, serait moins élevé que la gestion
actuelle.
La gestion « actuelle » , c'est à dire la gestion en délégation de
service public par Véolia, que regrettent nos maires de droite des plateaux
nord!
Dominique Gambier, lui même éclairerait le débat s'il n'oubliait pas de
préciser que cette étude n'est pas une étude comparative entre la gestion
privée et la gestion publique, existantes, mais une étude prospective entre les
avantages et inconvénients supposés de deux hypothèses : la gestion en
régie directe, qui a été choisie, ou la gestion en régie contrôlée.
A tous, je propose de lire les études comparatives de gestion passées et
existantes qui ont été réalisées par Raymond Avrillier, ancien Vice président
Vert de la communauté d'Agglomération de Grenoble chargé de l'eau et de
l'assainissement, et qui a piloté le retour en gestion publique de l'eau.
Dans cette ville, l'eau a en effet été privatisée en 1989 par Alain Carignon et
remunicipalisée en 2000 par la gauche et les écologistes alors en union.
Comparaison édifiante des prix de
l'eau selon le mode de gestion dans une quarantaine de villes.
Comparaison non moins édifiante et favorable à la gestion en régie
directe : eau moins
chère, et néanmoins investissements en hausse;
qualité et service aux usagers
améliorés!
Beaucoup des beaux esprits se répandent actuellement sur les estrades de
cérémonies de voeux pour dénoncer un choix selon eux fait « par idéologie,
pour faire plaisir aux verts et aux communistes ».
Mais qui sont les idéologues ? ceux qui font du benchmarking et mettent à
disposition du public les résultats des expériences menées ailleurs ou ceux qui
distillent des contre vérités et sont prêts au à risquer de sacrifier les
ressources les plus rares et les plus vitales sur l'autel de la religion du
« tout au privé »?
En 2011, la Communauté d'Agglomération devra décider de l'avenir de la gestion
de l'eau dans la Vallée du Cailly et sur les plateaux nord, qui est
actuellement déléguée à la Lyonnaise des eaux.
Il est de l'intérêt .. et de la responsabilité de tous que l'eau du débat soit
d'ici là moins turbide!
Ecologiste rouennais. Vice-président de la Région Haute-Normandie chargé de : l'Economie des territoires (agriculture, pêche, tourisme, forêts), l'Economie sociale et solidaire, la Mutation écologique, la Coopération nord-sud.





