BOUCLES DE SEINE : L'ART DE LA DIVERSION
Par Claude le mercredi 1 juillet 2009, 08:02 - Environnement - Lien permanent
C’est avec consternation que les élu-es Verts de la Région ont pris
connaissance dans
Paris Normandie de la virulence des propos du président de la Chambre
Régionale de Commerce et d'Industrie (CRCI) à l’encontre du projet de
classement des Boucles de la Seine ainsi que des fonctionnaires d’Etat qui
l’instruisent.
Plutôt que de surenchérir nous avons décidé de nous livrer au jeu du Vrai /
Faux :
ECONOMIE
Le classement des boucles de la Seine «plomberait le développement économique
sur tout l’axe de la Seine »
>> FAUX : Ni les zones d’activités existantes, ni
l’arasement du chenal ne sont remis en question par le projet de classement,
bien au contraire. En outre, un arrêté du Conseil d’Etat1 précise que «Le
classement d’un site n’a ni pour objet ni pour effet d’instituer
l’inconstructibilité ni d’interdire toute activité économique dans le périmètre
de classement mais seulement de soumettre à autorisation tout aménagement
susceptible de modifier l’état des lieux ».
TOURISME
Le classement "empêcherait tout développement d’activités touristiques y
compris la construction de nouvelles pistes cyclables".
>> FAUX : L’objectif du classement est de préserver
la qualité et la valeur patrimoniale du paysage et par conséquent… de favoriser
le tourisme. L’argument est d’autant plus fallacieux de la part de partisans du
terminal méthanier dont le projet menace l’activité touristique de l’ensemble
du littoral normand. Quant à l’impossibilité de réaliser des pistes cyclables,
le ridicule de l’argument parle de lui-même.
HABITAT
Le classement "empêcherait tout développement de l’habitat jusqu’à la couleur
des volets."
>> FAUX : Les centres bourgs et les hameaux sont,
dans leur grande majorité, exclus des périmètres des sites classés. Il s’agit
là d’une tentative de dresser les riverains contre le projet de classement.
Mais peut-être vaudrait-il mieux leur demander s’ils préfèrent vivre à côté
d’un paysage préservé ou d’une nouvelle installation Seveso ?
SANTE
Le classement empêcherait de «procéder à des investissements industriels qui
pourraient réduire les pollutions ».
>> FAUX : Comme le rappelle l’arrêté du Conseil
d’Etat le classement n’empêche par l’évolution des sites. En outre, une telle
affirmation est choquante quand on se réfère au diagnostic du Schéma régional
d’aménagement du territoire qui précisait que notre héritage industriel avait
généré plus qu’ailleurs des maladies respiratoires, des décès prématurés, du
chômage, de l’emploi précaire, des minima sociaux, de la
sous-qualification...
REGLEMENTATION
Le territoire de la Haute-Normandie serait « déjà extrêmement contraint
par de nombreuses réglementations : Natura 2000, forêt de protection,
réserve naturelle, parc naturel »
>> FAUX : La Haute-Normandie, avec 76 sites SEVESO
détient le record des zones industrielles à risque ce qui tord le cou à un
soi-disant carcan administratif.
C’est donc un zéro pointé pour Monsieur Hérail pris en flagrant
délit de désinformation et de lobbying outrancier au profit d’une certaine
économie. Il ne recule devant rien pour atteindre ses objectifs y compris les
insinuations scandaleuses à l’encontre des fonctionnaires de l’Etat accusés de
manœuvres « insidieuse et sournoise » qualifiés de
« fonctionnaires de passage » de présentation « trompeuse
».
C’est une attitude indigne des fonctions et responsabilités occupées par le
président de la CRCI.
Il est nécessaire de rappeler que le projet de Classement découle de la DTA,
Directive territoriale d’aménagement, qui n’avait fait l’objet d’aucune
opposition. Dans un second temps, le projet a été inscrit dans le cadre
du Contrat de Projet Etat Région 2007-2013, comme l’une des contre parties de
l’arasement du chenal. Là encore il n’a fait l’objet d’aucune opposition,
mieux, il a reçu l’aval des autoritaires portuaires mesurant la qualité du
compromis entre développement économique et développement
durable.
Les élu-e-s Verts de la Région invitent donc Monsieur Hérail à plus
de discernement. L’aménagement et le développement de la Haute-Normandie ne
sauraient dépendre de l’ire de quelques capitaines d’industrie qui défendent
avant tout leurs propres intérêts quitte à ce que cela soit au prix de
l’environnement, de la santé et… de l’emploi des
haut-normands.
C’est sur cette base que les élu-e-s Verts de la Région saisiront le
Ministre d’Etat à l’aménagement du territoire et à l’environnement et lui
feront part de leur indignation quant à l’attitude du président de la CRCI à
l’égard de l’administration de l’Etat.
Ecologiste rouennais. Vice-président de la Région Haute-Normandie chargé de : l'Economie des territoires (agriculture, pêche, tourisme, forêts), l'Economie sociale et solidaire, la Mutation écologique, la Coopération nord-sud.






Commentaires
Un grand merci à vous pour cette mise au point qui souligne la mauvaise foi et l'appat du gain de tous les soi-disant "décideurs" . Je me permets d'ajouter les élucubrations de M. FIHUE de la chambre d'agriculture dont les inepties rejoignent celles d'Hérail.
Il se plaint que les agriculteurs qui cultivent les prairies humides (ZNIEFF, ZPS et Natura 2000, ne pourront plus pratiquer l'assolement parcequ'il faudra l'autorisation du Ministère pour changer de culture....A ma connaissance, une prairie Natura 2000 n'a pas à être cultivée, non ?