Sortir du nucléaire, ça commence maintenant!
Ce sera notre premier « jeudi de l’écologie ». Je vous conseille vivement de venir y écouter et questionner BERNARD LAPONCHE, physicien nucléaire.
oct 13
Ce sera notre premier « jeudi de l’écologie ». Je vous conseille vivement de venir y écouter et questionner BERNARD LAPONCHE, physicien nucléaire.
Nous savions depuis fin janvier que notre région avait été retenue par l’Etat pour accueillir à Fécamp (300 MW) et au Tréport (700 MW), deux parcs éoliens en mer qui produiront le tiers de la puissance appelée à être installée dans la première tranche d’éolien en mer destinée à fournir la moitié des 6 gigawatts prévus à l’horizon 2020 par le Grenelle de l’environnement.
On présumait que les ports de Dieppe et de Fécamp étaient très bien placés pour accueillir les activités et les emplois de maintenance nécessaires à l’exploitation des parcs.
On espérait mieux : la fabrication de tout ou partie des éoliennes elles mêmes dans la région et l’implantation d’une filière industrielle ad-hoc.
L’annonce de la création de deux unités, l’une d’assemblage de turbines, l’autre de fabrication de pâles, qui seront installées sur le Port du Havre, donne à espérer qu’on en prend le chemin. C’est une formidable nouvelle pour notre région, comme nous n’en avions pas eu depuis longtemps. L’espoir que la conversion écologique de notre appareil de production commence, enfin.
Excellente nouvelle pour l’emploi industriel, nous en avons bien besoin, dans la région havraise et dans la région tout court.
On nous annonce entre 400 et 700 emplois directs sur les deux sites (à comparer avec les 15 à 40 emplois qui étaient promis sur le site du terminal méthanier d’Antifer!)
Des compétences d’ouvriers, de techniciens, d’ingénieurs, issues de la navale, des industries mécaniques.. vont trouver là à s’employer, dans des métiers d’avenir, utiles à tous. Des unités de de recherches & développement vont être confortées. De nombreuses PME, dans la région et au delà vont pouvoir remplir les carnets de commandes. Au total plusieurs milliers d’emploi, c’est une nouvelle filière industrielle qui est en jeu.
Le site du Havre présentait beaucoup d’arguments favorables pour être retenu : la proximité de 3 futurs parcs ; Les Deux Côtes (Le Tréport), Fécamp, et Courseulles, les savoir faire industriels locaux, les prometteuses perspectives de développement de l’éolien offshore outre manche, beaucoup lus ambitieux que le notre.
Une fois n’est pas coutume en Pointe de Caux, les implantations ne sont pas prévues sur des zones naturelles mais sur le quai Joannes Couvert!
C’est Areva qui porte ce projet. On retiendra que l’annonce a coïncidé avec la publication du scénario Négawatt 2011 qui établit qu’il est réaliste de programmer la sortie du nucléaire en 2033. Dans un tel scénario de mutation, la participation des opérateurs actuels du nucléaire, Areva et EDF, sera requise. Et il est plus que nécessaire, pour en anticiper les impacts sociaux, qu’ils entament rapidement la diversification de leurs activités. Cette amorce de tournant d’Areva, qui cumule les bouillons avec son EPR, est donc aussi une bonne nouvelle.. à confirmer.
Mais cela ne doit en aucun cas dispenser cette entreprise de penser et financer la réparation et la conversion des sites et des territoires qui vont continuer à longtemps payer cher la facture environnementale du diktat nucléaire, et pourraient demain en payer la facture sociale; je pense bien sur aux sites manchots de La Hague et de Flamanville.
…« Je propose d’engager la France dans une sortie progressive mais effective du nucléaire. Je veux voir naître la génération de l’après nucléaire »…
Martine Aubry signe lundi 12 dans Libération, une tribune sur le nucléaire qui va au delà de la littérature socialiste jusqu’ici publiée sur le sujet.
Dans le sens de la transition énergétique et de la sortie du nucléaire.
Le lecteur attentif y trouvera -enfin- un regard lucide et critique sur les pseudos avantages économiques de cette filière : « …cette abondance a aussi eu des conséquences économiques néfastes (surproduction, surconsommation et gaspillage)… ». Le constat que les promesses de la filière d’excellence qui devait soutenir les exportations ne sont pas au rendez vous, ainsi, les « … doutes planétaires qui affectent aujourd’hui les carnets de commande de la filière… ». Et surtout l’impasse sociale où nous sommes quand « une famille sur six ne parvient pas à payer ses factures d’électricité et de gaz »
Le citoyen écologiste appréciera d’y lire que « la priorité est à la sobriété. Et contrairement à ce que voudraient faire croire les tenants d’un statut quo mortel pour les générations futures, elle améliorera notre qualité de vie »…
Le conseiller régional Europe Ecologie Les Verts se réjouira de l’engagement « d’organiser dans les régions des concertations qui se concluront par une loi d’orientation de la politique énergétique avant l’été 2013″. De quoi conforter les élus EELV au Conseil régional qui proposent justement depuis quelques mois d’inscrire au budget primitif 2012 de la Région le financement d’une étude de scénario de sortie du nucléaire en Haute Normandie.
Et le Haut normand attend désormais que les responsables et élus socialistes, à commencer par les « aubrystes » qui sont légion, mettent en musique ce nouveau credo. Joignent les actes à la parole et enfin clairement choisissent et organisent la sortie du nucléaire et la transition énergétique de notre région pour faire en sorte que « la Région, des Energies » prenne sa part de ce beau défi « que l’Europe née du charbon et de l’acier renaisse des énergies nouvelles et de la sobriété ».
mar 25
Il ne fait aucun doute que Jean Michel Bérégovoy pourrait faire un très bon conseiller général, au sein d’une collectivité dont la mission principale est l’action sociale, lui qui dialogue depuis des années avec les habitants des quartiers populaires de Rouen pour les convaincre que l’environnement n’est pas un luxe réservé aux privilégiés mais est sans doute le meilleur moyen de créer les entreprises et les emplois de demain et d’inventer des solidarités nouvelles ; l’accès de tous à l’habitat écologique, aux services publics de l’eau et des transports ….
La motivation dont j’ai surtout envie de vous parler ce soir, je le dis comme je le pense, est de faire un pied de nez à un certain conservatisme politique.
Quand un avion s’écrase, quand un train déraille ou quand la bourse dévisse, tout le monde en parle et il ne viendrait à l’esprit d’aucun élu ou dirigeant politique de suggérer que c’est "indécent" d’en débattre. Curieusement, il n’e est pas de même, en France, s’agissant du nucléaire…
J’étais justement invité hier matin sur France Bleu et le soir sur France 3, pour en parler. L’occasion de constater que les rédactions, loin de vouloir ajouter de l’angoisse à l’anxiété qui nous guette tous, jouent le jeu du débat libre et contradictoire et de la recherche des solutions.
- à 8h, au début du journal de France bleu, juste avant ma première réaction, je vous recommande, le témoignage du représentant du Port du Havre à Tokyo évoquant, loin des représentations convenues, la "zenitude" toute relative des tokyoites
- à 8h10, sur France bleu, j’étais l’invité
– à 18h50, sur France 3, débat sur l’avenir du nucléaire avec Alfred Trassy Paillogues, député UMP. débat suivi des infos au cours desquelles on a pu entendre successivement le réprésentant du réseau Sortir du nucléaire, le directeur de la centrale nucléaire de Penly, et Cécile Duflot, secrétaire nationale d’Europe Ecologie Les Verts, qui était hier en visite à rouen et a notamment proposé d’anticiper en France l’accueil des personnes irradiées et nécessitant des soins.
Les bonnes nouvelles sont si rares.. en voici une, on en aura confirmation officielle demain : le gouvernement a décidé de lancer un appel à projets destiné à l’installation de 600 éoliennes en mer pour une puissance de 3000 mégawatts, sur cinq sites déclarés "zones propices". Cette première tranche représente la moitié des engagements du Grenelle de l’environnement qui prévoient 6000 MW d’ici 2020.
La Haute Normandie accueillera à elle seule le tiers de la puissance installée sur deux sites : les Deux Côtes au large du Tréport (700 MW) et Fécamp (300 MW).
C’est une très belle nouvelle pour la Haute Normandie.
Une très belle nouvelle pour l’environnement et pour l’emploi.
Une belle nouvelle pour notre environnement car le site du Tréport produira à lui seul une quantité d’électricité équivalente à un demi réacteur nucléaire EPR. C’est ce développement industriel des énergies renouvelables (l’éolien, les énergies marines, le solaire, la biomasse..) couplé à une politique systématique de réduction des consommations et d’économie d’énergie qui nous permettra dans le futur de nous passer du nucléaire ; technologie polluante, dangereuse, et chère, si on compte les coûts de démantèlement et de gestion… perpétuelle des déchets.
Une belle nouvelle pour l’emploi. Des emplois seront créés par les chantiers de construction des sites et ensuite pour leur exploitation / maintenance. Notre Région devenant la première région de France pour l’éolien offshore installé pourra se positionner pour accueillir une filière industrielle de l’éolien en mer : ambitionner de produire les turbines et les mâts, assembler, assurer la maintenance sur les Ports du Havre et de Dieppe qui se sont déjà positionnés et sont complémentaires.
Elle pourra proposer des formations, des qualifications et des emplois nouveaux dans des métiers, des compétences et des savoir-faire proches de ceux qui existent chez nous chez les industriels et les sous traitants dans la mécanique, la métallurgie. Autrement dit, enfin anticiper l’incontournable conversion écologique de notre économie
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