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Lendemains de campagnes

Les informations diffusées depuis dimanche par la presse ou par mon parti fournissent la matière à ce premier « arrêt sur image » et.. au partage de quelques remarques relatives aux choix qui ont été opérés et testés par EELV à ces élections départementales.

La première de ce ces remarques, qui s’impose, c’est que le pari de la vague de « l’autre gauche » qui était attendue ou pronostiquée par un certain nombre de militants d’EELV et des formations du Front de gauche ne s’est pas concrétisée.

  • Les 13,6% obtenus , en moyenne, au niveau national, par ces candidatures d’union FDG/EELV ne confirment aucunement ces pronostics hasardeux qui voyaient «  l’autre gauche » devenir subitement la « première force à gauche ». Et les électeurs n’ont pas non plus donné raison à Larrouturou, Mélenchon.. et à quelques amis Verts qui ont rivalisé d’annonces péremptoires sur  le PS « mort », « astre mort », ou condamné à subir le sort du PS grec, le Pasok.
  • En Haute-Normandie les résultats obtenus par l’alliance EELV-FDG sont, au premier coup d’œil, de bons résultats, supérieurs à la moyenne nationale, dans 3 cantons rouennais et 3 cantons havrais. La démonstration est moins évidente si on prend la peine de les comparer aux cantonales précédentes. La comparaison sur des corps électoraux comparables et constants (la totalité des cantons renouvelés en 2008 et 2011 et le vote sur la totalité en 2015) nous rappelle qu’on part de haut niveaux de vote installés de logue date, à Rouen en faveur des Verts, au Havre en faveur du PCF.

A Rouen : Les cantons ne sont plus identiques mais on peut quand même comparer les 20,8% obtenus par JM Bérégovoy et le FDG/ND dimanche 22 mars aux 21,16 de JMB en 2011 de même que les 17,1% de Stéphane Martot et le FDG/ND en 2015 aux 14,96 % de SM en 2011.

Mais, pour que le compte soit juste, il faut se souvenir qu’en 2011, le FDG obtenait, en plus d’EELV, 7 et 10%.

Le total EELV/FDG de 2015 est donc sensiblement inférieur à l’addition des votes EELV+FDG de 2011. L’équation se confirme en valeur absolue : sur un corps électoral presque identique (26 099 électeurs en 2015 / 25759 en cumul 2008-2011 sur les 7 cantons de Rouen), le cumul des candidatures EELV/FDG/EG aujourd’hui rassemblé obtenait en moyenne 23,39% des voix sur 2008/2011 alors qu’il obtient 17,74% aujourd’hui, soit une baisse de 24%.

au Havre : La totalisation des scrutins 2008/2011 et leur comparaison globale reste à opérer. On ne peut pas ne pas souligner que les scores obtenus par les alliances FDG/EELV dans les cantons où nos doublettes incluaient des conseillers généraux PCF sortants et bien implantés (Le Havre 1 ; 22,1%, Le Havre 4 ; 20,6%) sont flatteurs pour les écolos mais sensiblement inférieurs aux résultats des mêmes candidats PCF dans leurs cantons de 2008 : à 39 ou 26%. Le candidat FDG qui tire le mieux son épingle du jeu, à 41%, est d’ailleurs celui, JP Lecoq, qui a fait une campagne classique « PCF ». Le résultat obtenu sur les « beaux quartiers » le canton 6, à 11,7% par le binôme EELV / PC étant lui très inférieur à celui de la candidature Verts/PS de 2008 (22,10). Dernière remarque havraise qui ne plaide pas en faveur de l’accord avec le FDG: aux municipales, la liste PS / Galap / EELV devançait le FDG de quelques dizaines de voix. Aux cantonales, sur l’ensemble des cantons havrais, le PS devance FDG/EELV de 1200 voix..

Ce premier défrichage appelle sans doute des précisions voire des corrections. Il ne semble néanmoins pas abusif d’en conclure que la plus value électorale de cette union apparaît aujourd’hui, au seul regard des résultats, sans même présumer de considérations plus de fond, inexistante. Les reports n’ont visiblement pas fonctionné, sans doute des deux cotés, et n’ont pas été compensés par des apports massifs de nouveaux électeurs. L’analyse démontre ainsi sur Rouen que le bloc EELV/FDG est même celui qui a perdu le plus entre 2008/2011 et 2015 (-24%) . le PS perdant lui 11% quand l’union UMP/centre plafonne (+0,3%) alors que le FN explose (+98%).

S’agissant des candidatures écologistes autonomes , elles ont obtenu en moyenne nationale 9 ,8% des suffrages, légèrement au dessus du résultat des européennes, ce qui est un assez bon résultat, dans le contexte.

  • Au regard du faible portage politique national. Pas facile de se présenter en autonome coincés entre une direction nationale communiquant à l’envie pour indiquer que la majorité de nos candidats se présentaient en union avec le FDG et les quelques grands élus sans doute pressés de rallier le PS en annonçant des échecs qui ne se sont pas produits
  • En Haute-Normandie, les candidatures écologistes autonomes ont sans aucun doute aussi pâti de la focalisation de la presse régionale sur un « accord départemental » seino-marin EELV/FDG qui n’existait que dans l’imagination d’observateurs partiaux et, il faut bien le dire, de quelques « partenaires » indélicats.
  • Dans l’Eure ou aucun accord avec le FDG ne fut envisagé par la grande majorité des militants, des candidatures écologistes autonomes ont été proposées au choix des électeurs dans 11 cantons et ont obtenu des résultats très convenables compris entre 6 et 10 % dans 9 d’entre eux (4 et 5 % dans deux autres cantons à contexte local très difficile)
  • En Seine Maritime on regrettera que davantage de candidatures autonomes n’aient pas été encouragées. Les 3 candidatures présentées dans l’agglomération rouennaise hors Rouen ont obtenu 10% pour deux d’entres elles et un peu moins de 8% dans la troisième, presque autant que l’unique candidature EELV/FDG présentée hors de Rouen qui a été soutenue par 12,8% des électeurs.

Au final, on peut considérer que nous avons collectivement pâti d’un évident manque de lisibilité. Notre cohérence a été affectée par un accord insuffisamment exigeant et trop vite conclu. Nous connaissons et avons tous croisé des électeurs écologistes désemparés par ce choix incohérent.

Mais ce pari perdu, comme d’autres, peut vite être dépassé dès lors qu’on en tire le bilan avec lucidité et sérieux, qu’on tourne la page et qu’on s’emploie à écrire la suivante, celle d’un large rassemblement écologiste et citoyen. Ce qui suppose de redonner la priorité à un dialogue privilégié avec tous les acteurs -citoyens, associatifs, politiques- de l’écologie.

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POUR UN NEW DEAL ÉCOLOGIQUE écologiste, conseiller régional de Normandie